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Avis de sécurité

TheStar.com – La Police provinciale de l’Ontario contredit l’article de Consumer Reports - 6 Janvier, 2007

Nick Kyonka

« Dans les 22 000 accidents qui ont eu lieu l’an dernier sur les routes de la province, aucun enfant n’a été blessé en raison du mauvais fonctionnement de son siège de sécurité », a déclaré le sergent Cam Woolley de la Police provinciale de l’Ontario (PPO). Ce constat de la police ontarienne contredit une recherche dont les résultats ont été publiés cette semaine par Consumer Reports et qui constate qu’un grand nombre de sièges de marques connues ne peuvent assurer la sécurité des enfants durant les accidents à vitesse élevée.

« Au cours de la dernière décennie, nous n’avons constaté aucun cas de défaillance comme celles qui semblent inquiéter le magazine Consumer Reports, a insisté M. Woolley, de la Division de la sécurité routière. Nous n’avons eu aucun cas de siège présentant des vices de conception, comme ceux contre lesquels ces personnes nous mettent en garde. »

Jeudi dernier, l’équivalent américain du magazine Protégez-Vous a publié les résultats alarmants de son évaluation des sièges de sécurité pour enfants. On y constate qu’un grand nombre de sièges appartenant aux marques les plus populaires aux É.-U. ne respectent pas les mêmes normes que les véhicules automobiles et mettent ainsi nos enfants en danger. « L’un des éléments les plus révélateurs ici, c’est qu’il faut éviter de se retrouver dans une situation où les véhicules devraient résister à des collisions à certaines vitesses et que les sièges de sécurité pour enfants, eux, ne pourraient y résister, a déclaré Kim Kleman, directrice adjointe de la rédaction. Notre rapport essaie de vérifier l’écart entre le rendement des véhicules vendus aux É.-U. et celui des sièges vendus aussi aux É.-U. »

Au Canada et aux É.-U. – où les enfants doivent s’asseoir dans un siège de sécurité lorsqu’ils prennent place à bord d’une voiture – les sièges ont été testés par le gouvernement afin qu’ils résistent à une collision frontale à une vitesse de 48,3 km/h.

Les véhicules, quant à eux, doivent pouvoir résister à des collisions frontales à 56,3 km/h et latérales à 61,2 km/h.

Consumer Reports a mis à l’essai 12 sièges de sécurité pour enfants vendus aux É.-U. et deux d’entre eux seulement se sont révélés en mesure de protéger un enfant dans un accident. L’un de ces deux sièges est fabriqué en Angleterre et satisfait aux règlements de l’Union européenne, où les essais de collision frontale et latérale sont effectués à des vitesses plus élevées.

Le siège Cosy Tot de Britax, fabriqué et vendu en Europe, est muni d’un pied qui vient s’appuyer sur le plancher, sous le siège du véhicule, et stabilise le siège de sécurité durant un accident. Son pendant américain ne possède pas cette caractéristique et n’a pas offert un aussi bon rendement durant les essais.

On a également remarqué les mauvais résultats obtenus lors de l’utilisation d’un dispositif d’ancrage pour maintenir les sièges de sécurité en place. Connu sous le nom de LATCH system aux É.-U. et de système d’ancrage universel au Canada, ce dispositif s’est révélé moins efficace que les ceintures du véhicule pour retenir le siège de sécurité.

Les représentants de Transport Canada ne jugent pas nécessaire d’améliorer les essais, mais évaluent toutefois l’utilité des tests de collision latérale.

« Nos contrôles sont excellents. Les sièges de sécurité actuellement sur le marché qui répondent aux normes canadiennes sont très efficaces pour protéger les enfants, a déclaré Barbara Baines, enquêteur sur les défauts des ensembles de retenue pour enfants. Les sièges de sécurité vendus au Canada, s’ils sont utilisés conformément aux instructions du fabricant et s’ils sont appropriés pour l’enfant qui y prend place, offriront une excellente protection. »

En Ontario, tant les activistes du domaine de la sécurité que les policiers sont d’accord avec la position du ministère, ajoutant que le rapport pourrait causer plus de mal que de bien.

« Je crois qu’il est irresponsable d’avoir publié le rapport de cette façon, a dit Brian Patterson, président de la Ligue de sécurité de l’Ontario. Il pourrait créer une confusion chez le public alors que celui-ci commence à se conformer, à utiliser davantage les sièges de sécurité et à être mieux sensibilisé aux questions qui s’y rapportent. »

Le sergent Woolley a fait remarquer que les sièges de sécurité pour enfants peuvent tout de même poser un problème lorsqu’ils ne sont pas installés correctement, et des vérifications faites récemment par la PPO révèlent qu’ils ne le sont pas. « Nous ne voulons pas que les gens cessent de faire confiance aux sièges de sécurité pour enfants, parce que sur la route, les résultats négatifs viennent toujours du fait que les gens ne les utilisent pas comme il faut ou ne les utilisent pas du tout. »

De son côté, Consumer Reports a déclaré que son rapport ne devrait dissuader ni les parents américains ni les parents canadiens d’utiliser des sièges de sécurité pour leurs enfants.

« Nous ne leur disons pas d’abandonner les sièges de sécurité, a déclaré Mme Kleman. N’importe quel siège est mieux que pas de siège du tout. Les parents croient que leur enfant est l’occupant le mieux protégé du véhicule, mais lorsque le siège de sécurité ne peut pas résister au même impact que la voiture, l’enfant est alors la personne la moins bien protégée. »

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